Président de l’Observatoire et maire adjoint de Nancy, Jean-Marie Schléret a choisi de présenter pour la première fois en province son rapport annuel 2012, en présence de représentants de l’inspection académique, des services départementaux d’incendie et des quatre départements lorrains.
Remis au ministère de l’Education nationale et de l’enseignement supérieur le 13 mars 2013, ce 17e rapport détaille les observations, préconisations et propositions en matière d’exercices d’évacuation incendie, d’utilisation des produits chimiques dans les établissements du second degré et de sécurité des élèves lors des stages en entreprise.
Il présente également pour la première fois une cartographie de l’accessibilité dans les 2 695 lycées publics de France.

 

L’accessibilité reste en panne

 

Jean-Marie Schléret n’a pas caché sa déception face aux lenteurs des progrès réalisés en matière d’accessibilité des lycées, qui présentent un taux de mise aux normes inférieur à 20 %, alors même que quelque 80 000 élèves sont porteurs de handicaps.

L’observatoire s’inquiète des lenteurs et des imprécisions de la maîtrise d’ouvrage. Les conseils régionaux estiment de 16 et 90 euros au m2 le coût des travaux de mise aux normes, preuve d’une perception très variable de l’accessibilité.

 

Les régions programment 290 millions d’euros de travaux d’ici à 2015, échéance légale théorique de l’accessibilité, mais cette somme reste fort éloignée des estimations de l’Observatoire, qui évalue à 1,5 milliard d’euros le coût d’une mise aux normes complète.

Le rapport préconise l’élaboration d’un référentiel commun à la maîtrise d’ouvrage des établissements publics et privés. Il regrette que les deux tiers des régions n’aient pas intégré les associations de personnes handicapées aux comités de pilotage et plaide pour une « accessibilité raisonnée » privilégiant les solutions pragmatiques associant les premiers intéressés.

 

Prévenir les incendies

 

La sécurité incendie demeure une préoccupation forte de l’observatoire, qui a dénombré une trentaine d’incendies, essentiellement dans des écoles maternelles et primaires, au cours de l’année écoulée.
Si les incendies volontaires constituent la principale cause de sinistre, les installations électriques non conformes ou mal entretenues, les chauffages défectueux et les carences de vérifications périodiques sont également en cause.

 

Le rapport préconise le renforcement des exercices d’évacuation et publie des fiches techniques à usage des établissements. Le stockage des produits chimiques utilisés dans les établissements du second degré fait également l’objet d’un guide complet.

 

Repenser les sanitaires

 

Pudiquement occultée, la question de la sécurité et de la salubrité des sanitaires constitue l’un des axes de travail de l’observatoire en 2013.
Lieu à la fois public et intime, les toilettes des établissements scolaires sont souvent si peu accueillantes que les élèves les évitent, quitte à risquer des problèmes de santé.

 

« L’Education nationale a préparé une charte des sanitaires, qui n’a malheureusement jamais vu le jour. Or, les toilettes sont souvent mal placées, mal pensées et mal équipées. Le problème ne doit pas être négligé. Une approche globale impliquant les chefs d’établissement et les collectivités permettrait de réaménager ces lieux », estime Michèle Olivain, rapporteuse de la commission « sécurité, santé, hygiène et sport » de l’observatoire.